5 approches anti-détresse psychologique

28 février 2019

La détresse psychologique est un enjeu qui prend de l’ampleur dans les milieux de travail. Elle affecte de plus en plus les dirigeants, comme le soulignait Dr Nicolas Chevrier dans sa chronique, mais aussi leurs employés. Comment s’assurer de prévenir le stress chronique et ses répercussions en entreprise?

DanieleHenkel.tv

Les situations familiales difficiles, les obligations financières, les pressions sociales et professionnelles, l’hyperconnectivité sont autant de facteurs qui contribuent à maintenir un climat de stress chronique chez les travailleurs. En outre, la pénurie de main-d’oeuvre et le taux de roulement de personnel font en sorte que les charges de travail augmentent sans cesse.

Malgré ce rythme effréné, les gestionnaires doivent rester à l’écoute de leur personnel afin d’agir de façon proactive. Ils ont tout à gagner de s’asseoir avec chacun de leurs employés afin de prendre le «pouls» et ce, de manière régulière. Pour ce faire, il importe de créer des moments d’échanges, de favoriser les contacts «humains» et de développer l’entraide.

Voici 5 approches proactives pour prévenir la détresse psychologique:

1. Mettre en place un programme d’aide aux employés

Cet outil, généralement offert par les programmes d’assurances collectives, fait en sorte que les employés peuvent contacter une personne 24h sur 24h en cas de besoin, peu importe la raison. Le service agit comme répondant de première ligne pour offrir du support et ensuite rediriger la personne vers des professionnels de la santé ou autres (notaires, avocats) et ce, en toute confidentialité. Lorsqu’un travailleur ne voit plus clair, a besoin d’apaiser ou de désamorcer une situation difficile, l’accès à une oreille attentive, sans jugement, peut faire toute la différence.

2. Surtout, en parler!

Organiser des conférences, des ateliers sur la gestion du stress et sur la gestion du temps permet d’entretenir la discussion sur un sujet qui ne devrait pas être tabou en entreprise.

 

En échangeant sur la réalité et les défis de leurs employés, l’employeur peut mettre en place des programmes de conciliation travail-famille en faisant preuve de flexibilité (horaires adaptés ou réduits) et en offrant des services ou rabais pour les employés (traiteur, nettoyage ménager).

3. Sensibiliser les gestionnaires à surveiller les signes de détresse

Les gestionnaires doivent faire preuve d’écoute et d’empathie. Comment? D’abord, en prenant le temps de discuter avec leurs employés, d’observer leurs comportements et leur langage non verbal. Ensuite, en évaluant ses charges de travail afin d’assurer un meilleur équilibre ou de l’aide dans la gestion des priorités. Les charges de travail trop lourdes, la pression des livrables dans de courts délais, les exigences de performance, sont tous des facteurs pouvant occasionner un stress accru en milieu de travail.
J’invite également les gestionnaires à se tenir à jour quant aux enjeux de la détresse psychologique à travers les formations offertes par les organismes en santé mentale ou par l’Ordre des CRHA.

4. Avoir les bonnes personnes dans les bons postes

Très souvent, une personne qui n’est pas bien dans son emploi développera du stress. Il importe donc de s’assurer d’avoir les bonnes personnes dans les «bons» postes. Le bilan d’appréciation annuelle s’avère une bonne occasion pour poser les questions relatives à l’évolution de l’employé(e) dans son poste. Une rencontre à la mi-année permet ensuite de valider si la personne est toujours heureuse dans ses fonctions et si elle maîtrise les compétences pour le poste. Or, il ne faut pas attendre cette évaluation pour faire ces validations. En cas de doute, il faut intervenir rapidement et discuter avec elle. Peut-être lui manque-t-il simplement un peu de formation ou d’accompagnement pour se sentir plus “en contrôle”, plus solide et moins stressée?

5. Offrir les bons outils
D’abord, il faut s’assurer que chacun de ses employés a un bon environnement de travail (poste de travail adéquat et ergonomique) et des outils adaptés à son travail. Ensuite, il peut être intéressant d’offrir des ateliers pouvant améliorer la qualité de vie au travail des employés, tels que les séances de conditionnement physique, de méditation ou de yoga, les ateliers de nutrition. Bref, tout ce qui permettra à l’employé de se sentir bien, d’évacuer le stress, de manger et de dormir mieux aura un effet positif sur son bien-être.

À propos de l'auteur(e)

Sylvie Lepage

À propos de Sylvie Lepage

Membre de l’Ordre des CRHA et coach de gestion certifié (RCC), Sylvie Lepage a fondé en 2004, la firme-conseil Innovation RH spécialisée en gestion des ressources humaines. Elle possède à son actif un nombre important de mandats stratégiques en gestion des ressources humaines, coaching de gestion, développement organisationnel, gestion des talents et rémunération.