Avoir su: «Beaucoup de temps pour la gestion»

5 avril 2019

Nicolas Langelier, fondateur et directeur d'Atelier 10

Danièle Henkel TV

En lançant l’entreprise sociale Atelier 10 en 2012, Nicolas Langelier a d’abord cherché à combler un vide dans le paysage médiatique québécois avec Nouveau Projet. «J’ai voulu créer un magazine généraliste de grande qualité qui reflèterait l’esprit du 21e siècle, un espace pour diffuser des idées nouvelles avec une profondeur que l’on ne retrouvait pas nécessairement sur le web», explique l’auteur, journaliste et chroniqueur. Un projet fou alors que la crise de l’imprimé battait son plein? «J’ai opté pour un modèle d’affaires qui me permettrait de diversifier nos sources de revenus — notamment avec la vente de livres, la boutique, les événements —, afin de subventionner le magazine et d’assurer un certain équilibre.»

Le pari était audacieux, mais il a été relevé avec brio alors qu’une communauté a rapidement adhéré à l’offre d’Atelier 10 qui a depuis reçu la certification B Corp*. «En affaires, quel que soit le domaine, il y a toujours une occasion dans les contre-tendances. Pendant qu’on abandonnait la version imprimée, j’ai misé sur le papier en me basant sur mes envies. Je savais qu’il y avait encore des lecteurs pour ce type de publication.»

Nicolas Langelier projette maintenant de développer des «antennes» ailleurs au Québec et de produire du contenu numérique sur une base plus fréquente.

*La certification B Corp est remise aux entreprises qui agissent dans l’intérêt général du public. Elles se définissent comme des entreprises à but lucratif qui agissent de manière responsable sur le plan social et environnemental.

Entrepreneur et… gestionnaire malgré lui

Pistes de solution de l’École des entrepreneurs du Québec

À la question Qu’est-ce qui vous a motivé à faire le grand saut en affaires?, les entrepreneurs répondent majoritairement : faire ce que j’aime.

Hors, un nouvel entrepreneur doit effectuer une panoplie de tâches qui ne sont pas nécessairement liées à leur motivation de départ. D’où la déception de sentir qu’il s’éloigne de sa passion et devient davantage un gestionnaire.

Tous les chapeaux ne vous iront pas!

Au démarrage, l’entrepreneur ou le travailleur autonome, est souvent seul pour effectuer toutes les tâches relatives au fonctionnement de son entreprise. Et elles sont nombreuses : prévisions financières, comptabilité, vente et service client, opérations, marketing, prise de décision, gestion des fournisseurs et collaborateurs.

Nul ne pourrait prétendre exceller dans chacune de ces sphères. Dans cette optique, l’un des conseils les plus souvent prodigués aux nouveaux entrepreneurs est de savoir bien s’entourer. Avoir un bon avocat, un bon comptable devient nécessaire pour prendre des décisions éclairées dès le démarrage.

Déléguer : oui, mais…

L’entrepreneur bien entouré a toutefois avantage à détenir un minimum de compétences pour garder un certain contrôle sur l’entreprise. Détenir des notions de comptabilité lui permet, par exemple, d’analyser les chiffres et avoir l’œil sur sa santé financière.

Cet apprentissage de gestionnaire se fait souvent « à la dure », par essais et erreurs. L’entrepreneur gagne à développer ses compétences dans les maillons les plus faibles de la gestion d’entreprise, à l’aide de formations ponctuelles. Comme les tâches évoluent au rythme de la croissance de l’entreprise, il faudra se réinventer et s’outiller au fil du temps.

Se dégager du temps n’est pas un luxe!

Afin de sortir la tête de l’eau de cette mer d’opérations, il faut savoir se dégager du temps pour effectuer les tâches que l’on préfère, pour retrouver du plaisir au travail, mais aussi pour prendre du recul.

Comment faire en sachant que le temps est une ressource rare et que la vie d’entreprise est faite d’imprévus? Planifier!

Mensuellement, mettre une session de réflexion à l’horaire. Un moment pour réfléchir sur des problèmes de fond, pour trouver de nouvelles idées. Sortir de son lieu habituel de travail pourra aider à dégager l’esprit de tous les impératifs et stress quotidiens.

Deux ou trois fois par an, prendre du recul et penser aux orientations stratégiques. Cela peut se faire à la lumière du bilan financier, ou sur la base de rétroaction des clients, employés ou collaborateurs.

Danièle Henkel TV

OUTILS

En utilisant le calendrier Outlook ou Google, vos collègues ou associés pourront avoir accès à votre emploi du temps et ne pas interférer avec ce qui est à l’agenda.

Pour la gestion de projets, des applications comme Trello et Asana pourront vous aider à lister, planifier et attribuer les tâches en plus d’en faire le suivi dans le temps.

Vous avez de la difficulté à vous discipliner?

Suivre un programme d’accompagnement pour chef d’entreprise en croissance ou faire appel à un mentor peut être d’excellentes façons de forcer ces moments de recul et de réflexions si essentiels à la pérennité de votre projet et à votre indice de bonheur. Prenez le temps de reprendre le contrôle!

À propos de l'auteur(e)

École des entrepreneurs du Québec

À propos de École des entrepreneurs du Québec

L’École des entrepreneurs du Québec est un OBNL dédié au développement des compétences pour le démarrage, la croissance et l’acquisition d’entreprise.