Indice entrepreneurial 2020 : l’entrepreneuriat a perdu des plumes, mais il se relève

23 mars 2021

Chapeauté par Réseau Mentorat, l’Indice entrepreneurial québécois était particulièrement attendu cette année. Cette référence en la matière prend le pouls de l’entrepreneuriat au Québec dans un moment charnière : avant et après la pandémie. Malgré le choc évident qui a secoué les entrepreneurs, le pronostic est encourageant pour la suite. Résultats choisis, commentés par Pierre Duhamel, directeur général.

83 % des personnes interrogées considèrent que leur entreprise n’est pas à risque de fermeture, même si 47 % admettent que la pandémie a fragilisé leur organisation.

« La pandémie n’a pas tué l’entrepreneuriat! lance d’entrée de jeu Pierre Duhamel. Elle s’est certes montrée cruelle envers certains secteurs – le culturel, la restauration, le tourisme entre autres –, mais elle aura su accélérer d’autres secteurs, comme les technologies, l’innovation, ou le numérique ». Les entreprises se sont somme toute montrées résilientes et adaptatives. Le rapport montre que 76% des entrepreneurs souhaitent innover et que 68% ont adapté leur modèle d’affaires et pivoté, diversifiant leur offre de produits et services. « Même si la moitié des entrepreneurs se disent fragilisés face à ce choc sans précédent, les chiffres montrent qu’ils ne sont pas dépourvus d’ambition, précise M. Duhamel. Ils sont nombreux à vouloir faire l’acquisition d’une entreprise ou en créer une nouvelle ».

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Pierre Duhamel, directeur général de Réseau Mentorat.

Les jeunes, les femmes et les immigrants ont permis de maintenir le taux d’intentions et de démarches (pour créer ou reprendre une entreprise) durant la crise.

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« Depuis un certain nombre d’années, on voit une tendance forte à l’entrepreneuriat jeunesse, féminin et issu de l’immigration, rappelle M. Duhamel. Même si on observe une baisse normale de l’intention et des démarches, ils restent les trois moteurs de l’économie du Québec ». Le rapport montre que la parité entrepreneuriale progresse et que les immigrants sont deux fois plus nombreux que les natifs à lever la main. Ces trois tranches de la population sont pourtant parmi les plus touchées. Le milieu du travail ne les a pas épargnés.  Le rapport met en lumière que  les pertes d’emploi ont propulsé davantage de personnes vers l’entrepreneuriat.

Pierre Duhamel précise que ce n’est pas la raison première derrière ce phénomène qui existait en trame de fond depuis plusieurs années déjà. «Les moins de 35 ans ont moins à perdre et plus à donner. Ils sont moins abattus par l’incertitude de la pandémie que les plus vieux, qui ont moins le goût du risque! Ces derniers vont attendre que les scénarios se stabilisent pour voir plus clair. La crise a gelé leur envie d’entreprendre, même s’ils ont atteint un niveau de maturité professionnel intéressant, un plus grand réseau et une stabilité financière. Il y aura des opportunités parmi les places vacantes d’ici les dix prochaines années ».

87 % de la population reconnaît le rôle des entreprises pour le développement local et prospère des régions.

« Le Québec aime l’entrepreneuriat et les entrepreneurs!, lance Pierre Duhamel. L’entrepreneuriat a été reconnu comme utile, et maintenant nécessaire, se réjouit le directeur. On a beaucoup parlé de l’autonomie alimentaire et productive au cours de la dernière année. Ce sont justement les entrepreneurs qui vont permettre cette autonomie ».

Le rapport révèle en effet une croissance remarquable des secteurs de l’agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse. La crise, par ses causes et ses conséquences, a aussi permis que la population reconnaisse l’importance de l’entrepreneuriat dans le développement des régions. C’est 80% des répondants qui y voient la possibilité de s’enrichir de façon juste et équitable. Et malgré les incertitudes que génère cette COVID-19, un tiers des Québécois considèrent le métier d’entrepreneur comme un métier optimal. On voit poindre de belles années pour l’entrepreneuriat au Québec.

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Pour en savoir plus sur l’Indice entrepreneurial québécois 2020 et le consulter dans son entièreté, cliquez ici.

À propos de l'auteur(e)

Isabelle Naessens

À propos de Isabelle Naessens

Rédactrice, analyste, critique, Isabelle Naessens est une femme réfléchie, engagée et versatile qui a œuvré en relations internationales avant de se tourner vers la communication. Stratège relationnelle créative, elle se joint à l’équipe de DanieleHenkel.tv en tant que rédactrice principale et créatrice de contenus.