Job crafting, réinventer les emplois maintenant!

23 septembre 2020

DanieleHenkel.tv

Jenny Ouellette
Recrutement et management

 

Donner le pouvoir aux employés de modeler leur poste. Voilà le jeu d’artisanat auquel se prêtent plusieurs organisations et, vous savez quoi?, cette façon de faire leur réussit. Si l’approche semble inconcevable pour certains, elle est l’ingrédient du succès pour d’autres. Nous l’avons observé et testé. Laissez-moi vous présenter le job crafting.

«Le job crafting, également appelé le job modelling, signifie devenir maître de son propre plaisir au travail. Concrètement, l’employé personnalise les tâches qui lui sont confiées pour en faire un emploi sur mesure qui prend en compte ses attentes, ses besoins, ses expériences et ses désirs. »

La première fois que j’ai entendu ces mots, c’était lors d’une discussion sur l’avenir du recrutement avec un ami et chargé de cours aux Hautes-Études-Commerciales, Jean-François Rodrigue. « Jenny, il s’agit de la théorie du job crafting* !» Je savais qu’une tendance émergeait chez les startups sans nécessairement connaître sa dénomination. Depuis 2018, maintes et maintes fois, de bons boss m’ont mentionné: «ici, nous recrutons une personne et ensuite, nous construisons un poste fait sur mesure pour elle » ou encore « ici, les employés peuvent bâtir leur propre emploi à partir de leurs forces. » Sans le savoir, ces entrepreneurs ont expérimenté l’un des types de job crafting, en octroyant à leurs employés le pouvoir de façonner leur emploi. Pour mieux comprendre de quoi il retourne, j’ai décidé de tester cette approche au sein de mon entreprise: BonBoss.ca inc.

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L’implantation en trois phases

Dans une approche traditionnelle, un employé intègre un emploi qui est associé à une liste de tâches et à des façons de faire prédéfinies. Pour l’organisation, le job crafting consiste à déterminer la base d’un poste à combler, mais en laissant suffisamment de flexibilité pour permettre à l’employé de le modeler selon ses forces et ses aspirations. Pour y arriver et sans laisser tomber la performance organisationnelle, nous avons adopté cette approche:

1. Établir la base: À son arrivée en poste, l’employé apprend la mission, les valeurs, la vision de notre entreprise et pourquoi son poste a été créé. Ensuite, trois à cinq tâches essentielles sont déterminées et doivent être maîtrisées. Pour le reste, la personne passe la semaine à apprendre et à observer divers projets.

2. Donner le pouvoir: Au bout d’une semaine de travail, nous posons les fameuses questions: qu’aimes-tu faire? qu’as-tu moins aimé? Selon ses réponses, l’employé a le pouvoir de choisir d’autres tâches non attitrées et les responsabilités qui lui conviennent.

3. Assumer: Une fois son choix fait, le cadre final du poste est officialisé. L’employé devient alors le spécialiste du champ d’expertise et un perfectionnement lui est offert pendant plusieurs jours. Tout est alors communiqué au reste de l’équipe. L’employé est imputable de son choix et l’équipe le supporte au besoin. Quant à moi, à titre de gestionnaire, je suis là pour m’assurer qu’il maîtrise son art, tel un artisan.

En bref, la règle est simple:

  • L’organisation détermine la base du poste à combler
  • L’employé façonne son poste
  • Les objectifs relèvent de l’entreprise
  • Les méthodes sont communes
  • L’épanouissement est collectif

Voilà une façon d’implanter le job crafting. Au total, il existe six façons de modeler un emploi sur mesure. Il peut s’agir de modifier la nature des tâches, d’ajouter des tâches à son poste, de redéfinir la perception du type de tâches, entre autres. À vous de déterminer celle qui vous convient.

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Des avantages pour l’organisation et l’employé?

Fort est de constater que le job crafting fonctionne! Au début, j’hésitais. Maintenant, le constat est clair: cette pratique est un réel succès. L’employé est satisfait, valorisé et ses compétences sont reconnues. L’équipe s’entraide et moi, j’effectue ce que tout bon gestionnaire doit faire: aider les employés à se développer et à atteindre des résultats sans micro-manager. En un coup de vent, j’ai dit adieu aux nombreux suivis et aux questions, les employés prennent des initiatives et leur engagement est évident. Autre constat: leur fierté. Ils aiment leur emploi et contribuent à notre mission avec créativité. Nul besoin de les pousser, uniquement de les encourager.

Retenez bien ceci: si les gens, employés et gestionnaires, s’épanouissent aussi rapidement, c’est parce qu’au début, le job crafting leur a permis de grandir en s’appropriant un emploi à leur façon. Ensuite, il s’agit d’opter pour une gestion humaine… Quant aux objectifs d’entreprise, ils sont aux rendez-vous!

Les job crafters sont partout et dans divers domaines: ventes, santé, manufacturier, technologique, communautaire, entre autres. Une étude de Peter Lyons[3] , réalisée avec des vendeurs, montre que 75% d’entre eux déclarent participer à l’élaboration de leur emploi sous diverses formes. Comme quoi, le job crafting peut s’adapter à tous les milieux!

 

Job crafting, une clé pour l’avenir des organisations?

Même si cette pratique existe depuis des années, l’utiliser de façon consciente peut, à mon avis, mener à un changement hautement bénéfique pour les entreprises et les employés. Lorsque tout évolue et change à vitesse grand V, l’adaptabilité et la créativité sont des clés pour  avancer ensemble et affronter les mois à venir. Et qui sait? Employeurs et employés pourront être surpris par la puissance du job crafting, tant et aussi longtemps qu’il sert la mission de l’entreprise.

À propos de l'auteur(e)

Jenny Ouellette

À propos de Jenny Ouellette

Fondatrice de BonBoss

Jenny est la fondatrice de BonBoss.ca inc., l’entreprise qui a pour mission de changer le monde du travail, un bon boss à la fois. Détentrice d’un baccalauréat en relations industrielles, elle commence sa carrière en gestion des ressources humaines avant d’amorcer sa vie d’entrepreneure en marketing de contenus. Son parcours atypique l’amène à développer une expertise et une vision uniques de l’avenir du recrutement et de la gestion.