Planette: un écoentrepreneuriat engagé

Séries: Écoentrepreneuriat

1 avril 2021

La pandémie a dévoilé des failles de notre système. Elle a notamment révélé la fragilité de notre chaîne d’approvisionnement. Notre production en mode intensif et à grande échelle n’est pas aussi résiliente qu’on le croyait. La transformation du modèle actuel passe par des initiatives régénératives, conscientisées et autosuffisantes. Cette série traite de l’éco-entrepreneuriat.

Myriam Tellier, copropriétaire de Planette, une entreprise qui propose des produits d’entretien écologiques, vise un écoentrepreneuriat engagé, avec une mission éducative et sociale. Voici comment elle a réorienté son modèle d’affaires et stimulé l’intrapreneuriat au sein de son entreprise.  

Myriam Tellier, que nous avions rencontrée il y a deux ans pour démystifier les freins des entrepreneurs face à l’argent, a bel et bien dépassé ses peurs. Juste avant la pandémie, elle a changé son modèle d’affaires: « Richesse et valeurs peuvent cohabiter. J’ai enfin réalisé comment incarner ma mission ».

La mission éducative de la « femme d’affaires 2.0 »

D’ergothérapeute et professeure à l’université, Myriam Tellier est devenue entrepreneure, quelque temps après le décès de sa tante qui l’a bouleversé. Avec sa mère, elle a créé un atelier de fabrication zéro déchet d’entretiens ménagers sains. « Ma mission est de partager la prise de conscience qui a changé ma vie, l’héritage que ma tante m’a légué, celui de réfléchir à notre impact sur la planète », confie Myriam.  Son objectif passe par la conscientisation et le changement. « Je passe à côté si je te vends un produit, même écologique, s’il finit par rester dans tes placards. Par contre, s’il vient à faire partie de ta nouvelle routine, c’est que j’ai réussi ».

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Avec les produits Planette vient une mission éducative. Après s’être rendu compte que les grandes surfaces ne pouvaient pas offrir une information de qualité sur ses produits, Myriam Tellier a réalisé qu’il y avait tout un travail d’éducation et de conscientisation qui devait être implanté. « Le vendeur de grande surface n’a pas le temps d’expliquer que mon produit est de cette couleur parce qu’il est fabriqué à partir de matières brutes, qu’il n’est pas homogène à cause de la chaleur, que tu peux faire 10 tâches ménagères avec, explique-t-elle. Ou qu’il est plus cher parce qu’il est vraiment 100% naturel, bio, artisanal, fabriqué avec des huiles essentielles. À côté d’un produit moins cher qui met sur son emballage des images à tendance naturelle, c’est le prix qui l’emporte ».

Les mères nature, un réseau social de vente

Il y a deux ans, la femme d’affaires a eu un déclic : « ça prendrait des Myriam et des Ginette (sa mère, qui fabrique) partout au Québec pour raconter la petite histoire. On a plein de clientes conscientisées et satisfaites, qui peuvent expliquer le pourquoi et le comment, alors je me suis dit pourquoi elles ne deviendraient pas nos ambassadrices? » L’idée de bâtir le réseau des Mères nature était née.

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Avant la pandémie, elles étaient 20. Aujourd’hui, il y a des points de chute dans 85 domiciles. Si l’entreprise a traversé la pandémie avec brio, c’est en partie parce que les gens ont eu le temps de réfléchir à leur mode de vie et ont pris davantage conscience de leur impact environnemental. La solution était adaptée : achats sur rendez-vous et sans contact. « C’est un concept qui a fait du bien aux gens, illustre Myriam. Imaginez:la mère nature sur son balcon qui explique comment faire, c’est comme faire la jasette dans un magasin général! ».

Les clients ont pu recevoir toute l’information nécessaire et créer un attachement authentique à la marque. « Par les liens qu’elles établissent et l’information qu’elles font circuler, les mères nature ont le pouvoir de transformer chaque nouvel adhérent en agent de changement. C’est le plus puissant des marketing ».

Valorisation de l’intrapreneuriat

Tout en faisant croître son entreprise à dimension humaine, Myriam Tellier a créé un réseau basé sur des valeurs d’entraide. Elle se dit fière d’avoir renforcé la confiance et l’autonomie des femmes. « C’est gratifiant. Je les vois développer leur projet à elles, elles ont un sentiment d’accomplissement, et une autonomie financière nouvelle ».

Sans commission ni vente sous pression, les mères nature achètent l’inventaire et font un profit sur les ventes qu’elles génèrent. Elles apparaissent comme points de vente sur le site web (qui sera d’ailleurs revampé le 15 avril, de même que l’image de marque).

Myriam s’engage à développer leur capacité entrepreneuriale et à les accompagner. Proactive, elle offre des formations continues et du coaching sur mesure. Les femmes apprennent à gérer leur inventaire, leurs clients, faire leur stratégie marketing, créer des partenariats, notamment avec des entreprises, ce qui développe notre réseau. « Personnellement, l’entrepreneuriat ne m’a jamais été présenté comme une option de carrière confie Myriam. Je veux ouvrir cette possibilité. Je ne veux pas des vendeuses, mais des travailleuses autonomes. Elles développent leur petite business et deviennent des intrapreneures chez Planette ». Les mères nature ne sont ni représentantes ni vendeuses. Elles se considèrent comme des conseillères en virage vert. « Il y en a deux qui ont quitté le réseau, raconte Myriam. Elles ont ouvert leur boutique zéro déchet et  distribuent Planette. Ça me fait tellement plaisir! »

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À propos de l'auteur(e)

Isabelle Naessens

À propos de Isabelle Naessens

Rédactrice, analyste, critique, Isabelle Naessens est une femme réfléchie, engagée et versatile qui a œuvré en relations internationales avant de se tourner vers la communication. Stratège relationnelle créative, elle se joint à l’équipe de DanieleHenkel.tv en tant que rédactrice principale et créatrice de contenus.