Réinventer l’art d’assaisonner

17 mars 2019

Concrétiser une idée de telle manière qu’elle bouscule les habitudes de vie. C’est ce à quoi se consacre entièrement le trio de cofondateurs d’OCNI avec ses objets comestibles inusités. NADIA LAHRICHI nous parle de la démarche d’innovation que s’est fixée le studio de design franco-québécois.

Au commencement, il y avait trois associés qui organisaient entre Paris et Montréal des événements multisensoriels mêlant expériences immersives, nourriture et design. Tristan Cano, Benoit Le Guein et Nadia Lahrichi ont ensuite réuni leurs propres économies dans la conception d’un objet comestible: le tout premier assaisonnement à tailler.

«On a démarré l’entreprise en France en 2015 avec l’ambition de développer à l’international, explique Nadia Lahrichi, une diplômée de HEC qui a passé 10 ans en France avant de revenir s’installer ici. Comme je venais du Québec et que je me débrouillais bien en anglais, je suis venue commercialiser le produit depuis Montréal. Benoît, notre «savant food» qui a un parcours d’études en cuisine et en beaux-arts est resté dans le sud de la France pour continuer de créer de nouveaux objets. Tristan y développe le territoire européen et s’occupe d’exporter le produit au Japon.»

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Le produit avait mijoté plusieurs années dans les tiroirs du trio avant de voir le jour des deux côtés de l’océan. «Créer l’aiguisoir alimentaire a été presque aussi compliqué que de créer le crayon, relate la cofondatrice. Il a également fallu créer des moules et des robots afin de produire en volume pour en arriver à 20 000 crayons par mois.»

Avec les crayons à tailler qui comptera bientôt une dixième et onzième saveurs, OCNI voulait surprendre là où l’on ne les attendait pas. «On souhaitait créer la surprise non seulement avec la texture et l’explosion de saveurs en bouche, mais aussi avec un nouveau geste alimentaire. Aiguiser les épices provoque une interaction à la table. Le geste est amusant et nous fait retomber en enfance. Cette gamme de produits inusités va s’élargir avec le temps avec d’autres objets alimentaires.»

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Stimuler la croissance et l’innovation

L’entreprise a aujourd’hui une dizaine d’employés, un chiffre d’affaires de 300 000$ (pour le Canada) et entame ses projets de croissance sur ses trois territoires. «On a créé une équipe qui soit capable de produire les assaisonnements et assurer la qualité des produits et la commercialisation. On peut donc se garder du temps, les trois fondateurs, pour continuer l’innovation. Benoît se consacre donc entièrement à la création de nouveaux objets tout au long de l’année et nous l’aidons à développer ses idées afin qu’elles aillent jusqu’au bout.»

Entreprendre la croissance s’est avéré pour Nadia Lahrichi plus vertigineux que le démarrage même de l’entreprise. «Elle comporte plus de risques, implique plus de gens. La pression est plus forte, car on a plus à perdre», reconnaît l’entrepreneure qui a pu compter sur le soutien de PME MTL, de la Fondation Montréal Inc et de Créavenir de Desjardins.

Après être allée à la rencontre du grand public lors des événements gastronomiques et à travers les 60 points de vente au Québec et en Ontario, Nadia souhaite maintenant développer la relation avec les chefs, cuisiniers et mixologues. «Ils nous apportent leur expertise sur les accords de goûts et nous pouvons innover ensemble afin d’adapter le produit pour qu’il soit facile d’utilisation pour les professionnels».

«Innover, c’est notre marque de fabrique. Si on avait voulu se simplifier la vie, on aurait créé un produit statique, on se serait ennuyés et on aurait risqué de ne pas faire vivre la marque longtemps. On a plutôt choisi d’innover afin d’avoir une longueur d’avance et de devenir la référence en nouveaux objets alimentaires.»

À propos de l'auteur(e)

Mélissa Proulx

À propos de Mélissa Proulx

Éditrice

Mélissa Proulx est une journaliste, chroniqueuse et rédactrice. Elle se consacre avec passion et créativité à l’élaboration de contenus journalistiques riches et variés depuis 2002.