Soins corporels et esthétiques: trois entrepreneurs témoignent

6 juillet 2020

Au même titre que le personnel soignant, les professionnels des soins corporels et esthétiques ont un rapport de grande proximité physique avec la clientèle. Après des semaines d’attente, les propriétaires de salons ont enfin pu reprendre leurs activités, non sans mettre en place des mesures sanitaires strictes. Trois d’entre eux témoignent.

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Émilie Beaulieu, propriétaire de la Clinique Lucy Garneau, Beauport

Vivre l’attente: « Je suis une workaholic. J’adore travailler alors c’était difficile de rester à la maison à temps plein avec les enfants. J’ai essayé de me réinventer en créant des capsules beauté. Les commandes ont heureusement afflué sur la boutique en ligne, mais l’attente a été longue et difficile. J’ai eu mes hauts et mes bas, comme tout le monde. Mon entreprise devait doubler de superficie au printemps, mais étant donné l’incertitude, j’ai dû repousser ce projet à plus tard. »

Ouvrir ses portes: « 99% de celles qui avaient un rendez-vous sont revenues. Nous avons installé des plexiglas et du désinfectant. Il y a un temps de pause entre les rendez-vous et on fait les transactions directement dans les cabines. Mon équipe a suivi une formation en hygiène et salubrité de Soins Personnels Québec. J’ai aussi la chance d’avoir un papa qui travaille en désinfection de bâtiment et qui nous a donné une formation avancée et personnalisée. »

Ce qui a changé: «Je vais certainement garder mon masque pour certains soins comme ceux du visage. Je constate également que la pandémie de COVID-19 a fait un certain tri dans les personnes qui n’étaient pas passionnées par leur métier et qui ont décidé de faire autre chose. Dans mon cas, j’aime tellement ce que je fais que je continuerais même si je devais m’habiller en astronaute! »

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Martin Carrier, propriétaire du Spa Renaissance, Sept-Îles

Vivre l’attente:  «Depuis janvier, nous étions en chantier pour ouvrir nos nouvelles installations de bains thermiques. Pour moi, ces deux mois et demi ont été une bénédiction pour exécuter les travaux dans les temps pour l’ouverture du mois prochain. Sans cette pause, je n’y serais jamais arrivé. En revanche, le 200 000 $ de revenus perdus pendant la fermeture, je ne les récupérerai pas. »

Ouvrir ses portes:  « J’ai développé un nouveau fonctionnement avec des pastilles de couleur qui indiquent les salles qui sont occupées, qui doivent être désinfectées ou qui sont prêtes à l’utilisation. C’est un outil visuel très utile pour le personnel. Je porte le masque et demande à mes employés d’en faire autant. À Sept-Îles, ce n’est pas comme à Montréal, son port n’est pas très répandu. Ma clientèle doit également le porter dans les aires du spa. Il y en a qui rouspètent, mais ce n’est pas un choix, c’est une obligation. S’ils ne veulent pas le porter, ils n’ont qu’à rebrousser chemin. »

Ce qui a changé:  « Sur le plan plus personnel, comme massothérapeute, je me suis blessé pendant la COVID, alors j’ai offert à mes clients des soins en endermologie et j’ai réalisé tout le potentiel de l’appareil LPG. C’est une belle option de rechange qui permet en outre une certaine distanciation avec la clientèle. Sur le plan sanitaire, nous avons amélioré nos façons de faire de sorte à garder nos salles de soins les plus épurées possible afin de faciliter le nettoyage et la désinfection. Voilà un atout qui va rester après la COVID. »

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Jocelyna Dubuc, propriétaire du Spa Eastman, Eastman

Ouvrir ses portes: « La réouverture a été accueillie avec enthousiasme par la clientèle. À ma grande surprise, les gens réservaient de longs séjours, des 15 jours, même des 42 nuits! Comme gestionnaire, nous avons dû faire nos devoirs et prendre le temps de rassurer nos thérapeutes. Nous leur avons donné des outils pour savoir comment se comporter avec les clients de sorte à les rassurer. »

Toujours en attente: «Depuis le 22 juin, les bains sont ouverts. Seuls les saunas sont toujours fermés au public. Selon moi, ce n’est qu’une question de temps avant que la Santé publique reconnaisse qu’il n’y a pas un virus qui peut survivre à ces températures. »

Ce qui a changé: « Ce que l’on constate, c’est que les gens ont besoin de se ressourcer. J’ai l’impression que cette pandémie a fait réaliser l’importance de prendre soin de soi et de sa santé. Et cet été donnera l’occasion aux Québécois de le faire à travers les salons et spas de la province. »

À propos de l'auteur(e)

Mélissa Proulx

À propos de Mélissa Proulx

Éditrice

Mélissa Proulx est une journaliste, chroniqueuse et rédactrice. Elle se consacre avec passion et créativité à l’élaboration de contenus journalistiques riches et variés depuis 2002.