Tourisme: les entrepreneurs en mode séduction

17 juillet 2020

Aux quatre coins du Québec, les entrepreneurs qui oeuvrent en tourisme ont repris leurs activités et essaient de tirer leur épingle du jeu, envers et contre tout. Nous les avons joints afin qu’ils témoignent de leur début de saison.

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Anne-Marie Lemire et Léon Courvil, copropriétaires, Léon Courville Vigneron (Cantons-de-l’Est)
Nos services: «Les dégustations sont de nouveau permises. Les visites guidées dans les champs ont lieu tous les jours à 14h. Notre boutique physique est toujours fermée, mais on reçoit les clients sur la terrasse couverte d’où ils peuvent faire leur commande. »
Notre saison 2020: « Les clients sont au rendez-vous. Le mouvement de l’achat local a joué en notre faveur. Les ventes sur notre boutique en ligne ont augmenté de 300% en comparaison avec la même période l’an dernier. Depuis que nous sommes rouverts, ces mêmes clients reviennent sur place. Les pertes que nous avons se concentrent principalement dans les événements et réservations de groupe qui ont dû être annulés. »
Le contexte COVID: « Mère Nature était de notre bord. Au printemps, la neige a fondu très rapidement. Nous avons dès lors commencé le travail au champ. Nous avons réussi à recruter beaucoup de Québécois, ce qui nous a permis de prendre un mois d’avance. Lorsque nos travailleurs mexicains sont arrivés, avec le délai lié à la quarantaine obligatoire, nous n’avions accumulé aucun retard. Nous avons été chanceux! »

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Philippe Ouellette, propriétaire, Rafting Momentum (Outaouais)
Nos services: « Nous offrons des forfaits pour une journée de rafting sur la rivière des Outaouais. Sont inclus deux repas, du “body surfing” (baignade dans les rapides) et le saut de la roche. La journée se termine au feu de camp et il y a des options de camping ou de location de chalet également. »
Le contexte COVID: « Nous avons ouvert le 20 juin, soit sept semaines après notre date habituelle. Cela a occasionné du retard dans la formation de nos guides. Heureusement, des vétérans sont revenus nous prêter main-forte. Nous avons dû réduire nos capacités dans les autobus et dans les raftings. Les mesures sanitaires ont occasionné des dépenses additionnelles pour le transport, la main-d’oeuvre et l’achat d’équipement. À titre d’exemple, toutes les réservations se sont concentrées sur trois semaines alors j’avais besoin d’employés administratifs de plus pour répondre à la demande. »
La saison 2020: « Les gens sont au rendez-vous! Nous allons probablement dépasser nos chiffres de juillet de l’an dernier. En temps normal, 85% de notre clientèle est constituée d’anglophones de l’Ontario. Cet été, il y a beaucoup de Québécois qui ont répondu à l’appel d’encourager l’industrie touristique. Mon seul regret, c’est que nous sommes reconnus pour pousser l’expérience un peu plus loin, mais on doit éviter autant que possible de faire chavirer les bateaux et privilégier l’auto-sauvetage afin d’éviter que les groupes et les guides ne se mélangent trop. »

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Éléonore Macle, vice-présidente, Intermiel (Laurentides)
Nos services: « Les visites guidées permettent de découvrir le monde des abeilles à raison de trois fois par jour du mercredi du dimanche. Il est possible de voir la ruche, de mieux comprendre l’importance de la pollinisation et des abeilles dans notre environnement et de découvrir les différents produits dérivés de l’abeille. Les dégustations de miel et de spiritueux sont également offertes. Les gens peuvent profiter du site et des animaux et pique-niquer sur place en apportant couvertures et chaises. »
L’effet COVID: « Généralement, on reçoit 200 écoliers par jour de mai à juin, alors nous avons eu beaucoup de pertes à ce niveau. En revanche, nos ventes en ligne ont explosé en mars et en avril. À partir de la Fête nationale, nous avons pu commencer la saison touristique à 50% de notre capacité habituelle. Nous respectons les mesures en admettant beaucoup moins de monde dans les salles. La mini-ferme et les aires de jeu sont cependant fermées jusqu’à nouvel ordre. »
Saison 2020: « On a bon espoir que les Québécois seront au rendez-vous ces prochaines semaines pour venir nous découvrir notre entreprise familiale. Et nous recevons déjà une belle réponse après le lancement de notre gin au miel. »

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Rancel Aguila Dopico et Jessica Salas, copropriétaires, Aventure Mille-Îles (Laval)
Nos services: « Nous offrons de la location de kayaks, de canots, de chaloupes, de planches à pagaie (SUP) et de rabaska. Nous avons aussi cinq bateaux de 10 places en forme de beigne, mais dans le contexte de la COVID, nous en avons réduit la capacité à 6 places. Les visiteurs peuvent préparer un repas sur l’eau puisque le bateau est muni d’un BBQ. Cette expérience du mercredi au dimanche à raison de deux départs par jour est déjà réservée à 90% pour l’été! »
Notre saison 2020: « Jusqu’à maintenant, ça se passe très bien. Nous avons de nombreux nouveaux clients. Les Québécois veulent sortir et faire des activités sans trop s’éloigner. La proximité avec Montréal nous avantage. Nous avons reçu des gens de Sherbrooke, de Victoriaville, mais aussi beaucoup de Lavallois qui découvrent les attraits de leur coin. La température a été très agréable jusqu’à maintenant. Le site est bien entretenu et les îles sont belles. On y voit beaucoup d’animaux ».
Nos mesures « COVID »:  «Nous avons réaménagé l’accueil avec trois étapes d’inscription de sorte à ne pas avoir trop de personnes au même endroit au même moment. Les employés portent des gants et des masques et doivent désinfecter tous les équipements et les gilets de sauvetage entre chaque utilisation. »

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André Giroux, propriétaire, Ça roule Montréal (Montréal)
La folie vélo: Pendant quelques semaines au début du confinement, la seule activité permise était le vélo. Tout le reste était fermé. D’avril à mai, toute ma flotte de vélos usagés a donc été vendue. Ça nous a aidé. Il y a eu une hausse en réparation, mais une grande partie de notre clientèle provient des immeubles à bureaux et des restaurants du Vieux-Montréal alors c’est tombé à zéro. C’est la première fois en 25 ans que je me vois contraint de réduire mes heures d’opération. »
L’impact de la COVID: « De 80 à 85% de notre chiffre d’affaires est lié à la clientèle touristique. Nous avions énormément de clientèle en provenance des États-Unis et de l’Europe. Toutes nos réservations ont été annulées pour la saison: les écoles, les tours guidées.  »
La saison 2020: « J’aimerais que Montréal soit reconnu comme une zone sinistrée en tourisme cette année. Il ne s’y passera rien. Même si des efforts étaient faits pour attirer les gens, il serait trop tard. Le Vieux-Montréal est un village fantôme. Les visiteurs ne sont pas là. Heureusement, les subventions salariales sont prolongées jusqu’en décembre. Sans cette aide, j’aurais fermé. Je profite de ce hiatus pour réfléchir à ma prochaine saison et faire le point sur mon entreprise. Je tiens mon personnel occupé en lui confiant différents mandats en ce sens. »

 

Je suis heureux pour mes collègues des régions qui auront des hausses d’achalandage, mais ce ne sera pas notre cas à Montréal cette année. – André Giroux, propriétaire de Ça roule Montréal

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Florence Vitali, coordonnatrice des opérations, Bonjour Nature (Lanaudière)
Nos services: « Nous sommes une coopérative qui regroupe des entreprises touristiques de la région de Lanaudière. Cet été, nous offrons une douzaine de forfaits orientés à 100% vers la clientèle québécoise. Ils comprennent au moins deux nuitées et deux attraits à visiter. L’hébergement se fait à l’Auberge du Lac Taureau, à l’Auberge du Vieux Moulin, en chalet, en gîte ou en pods. C’est combiné à des sorties dans les parcs régionaux, des descentes en canot ou autres attraits pour les couples et les familles. »
Le contexte COVID: « Auparavant, nous offrions des forfaits à la journée à la clientèle internationale incluant transport à partir de Montréal. Avec la fermeture des frontières, on a dû se réinventer. Grâce à la subvention Explore Québec offerte par le gouvernement, la clientèle profite de 25% de rabais Le but étant d’inciter les Québécois à découvrir la province à l’aide de prix attractifs. »
L’après-COVID: « C’est certainement une offre qu’on va garder pour la clientèle internationale que ces forfaits de deux nuitées. »

À propos de l'auteur(e)

Mélissa Proulx

À propos de Mélissa Proulx

Éditrice

Mélissa Proulx est une journaliste, chroniqueuse et rédactrice. Elle se consacre avec passion et créativité à l’élaboration de contenus journalistiques riches et variés depuis 2002.