Une crème à glace avec… Louis Marineau de la Ferme Marineau

Séries: Une crème à glace avec...

1 août 2019

Cet été, l’équipe de DanieleHenkel.tv prend la route et va à la rencontre d’entrepreneurs saisonniers autour d’un bon cornet de «crème à glace! Alors que tout le monde profite de la belle saison, ils ne comptent pas leurs heures et les sacrifices pour que leurs affaires fleurissent. 

On démarre la série à Laval au milieu des champs de framboises avec Louis Marineau, un cornet au parfum de fraises du Québec à la main!

Ton entreprise, la Ferme Marineau, c’est…

Nous sommes la quatrième génération de Marineau à exploiter des terres à Laval. L’histoire a commencé dans les années 20 avec mon arrière-grand-mère Odile qui cultivait du tabac, des marguerites et des légumes. Elle partait en calèche vendre ses produits au marché Saint-Jacques à Montréal. Elle était très avant-gardiste pour son temps : c’est elle qui tenait les livres et qui achetait les terres.

L’entreprise est ensuite passée à mon grand-père, puis à mon père et mes oncles. Lorsque le tour de mon frère Martin et moi est venu, nous avons voulu nous différencier en fondant Fleurineau. Nous sommes devenus les plus grands producteurs canadiens de fleurs séchées. Lorsque cette mode est passée, nous sommes revenus à la source avec les fruits et légumes. Nos enfants commencent à s’impliquer dans la ferme. Mon plus vieux, Mathis, 16 ans, s’occupe de la culture des variétés de melons cet été.

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Être dépendant de la belle saison, ça représente quoi comme défis?

L’impact de la saison est majeur. Prenons l’exemple du dernier printemps qui a été très froid. L’été est arrivé fort tardivement… (Salut Louis!, entend-on depuis les serres de bleuets. Ah! Salut Momo!) Conséquemment, nos trois magasins ont ouvert 10 jours plus tard. Le maïs est en retard de deux semaines également. Pour tout entrepreneur, c’est énorme de perdre deux semaines de vente sans vendre de tartes, de fruits et de légumes…

Sans compter qu’on est dépendants des intempéries pendant l’été. Nos cueilleurs ont commencé à travailler dans les champs de framboises plus tard ce matin en raison de la pluie. En cas d’orage aujourd’hui (il fait 40 avec l’humidex), ils devront arrêter. Des framboises mouillées, ça pourrit. S’il pleut deux jours, je pourrais les perdre, car elles sont prêtes. On suit beaucoup la météo, on s’ajuste, mais on ne peut pas tout contrôler.

Que faites-vous pour maximiser votre saison?

On fait le nécessaire pour avoir de beaux produits de qualité. Ensuite, on pense beaucoup aux familles. L’autocueillette est très populaire. On a aménagé un parc pour les enfants, des aires de pique-nique. On offre des espaces de location pour des fêtes d’enfants, on organise des activités spéciales comme le yoga chèvre ou des épluchettes. On veut que les gens s’approprient l’espace, qu’on soit leur jardin de quartier. Je ne pense pas qu’on doive être égoïstes et garder ces terres pour nous. C’est plutôt gagnant-gagnant d’ouvrir nos portes et nos champs.

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À quoi ressemble votre haute saison?

On travaille 7 jours sur 7 et jusqu’à 15 heures par jour jusqu’à la mi-septembre. Je prends un dimanche après-midi lorsque c’est possible, mais pas durant l’autocueillette, il y a juste trop de monde!

Et la basse?

À l’automne, ça ralentit, mais on doit quand même tout ramasser, ranger, abriller nos fruits, mettre de la paille sur nos fraises, préparer pour la prochaine saison… Alors on court encore un peu. La saison morte, c’est lorsqu’il neige. On en profite pour se reposer, aller en vacances au soleil. Voir des amis, se remettre à vivre, reprendre des forces pour le printemps.

On parle des joies de l’été… Que fais-tu pour en profiter?

À l’occasion, après ma journée de travail, j’adore aller manger avec mes trois enfants sur la terrasse du Peter’s Cape Cod à Sainte-Anne-de-Bellevue, sur le bord de l’eau avec la vue sur les écluses. C’est un très bel endroit et ça me donne l’impression d’être en vacances.

Et quel serait ton entreprise saisonnière coup de coeur?

Vite comme ça, je pense aux Givrés dans le Vieux-Port de Montréal, qui fait de la transformation sur place comme nous avec des fruits et qui a un souci d’utiliser des produits locaux eux aussi. Je pense que c’est une belle entreprise d’été.

À propos de l'auteur(e)

Mélissa Proulx

À propos de Mélissa Proulx

Éditrice

Mélissa Proulx est une journaliste, chroniqueuse et rédactrice. Elle se consacre avec passion et créativité à l’élaboration de contenus journalistiques riches et variés depuis 2002.